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Utiliser une vidéo YouTube sans autorisation : les 7 cas

6 septembre 202614 min de lecture
Jeune créateur assis à son bureau le soir, regardant une vidéo sur son ordinateur portable, un carnet ouvert à côté du clavier

Utiliser une vidéo YouTube sans autorisation pour en tirer des clips verticaux, c'est presque toujours non, sauf dans quatre situations précises. Cet article te donne ces quatre situations, les trois raisons qu'on se donne à tort pour se sentir couvert, et ce que YouTube et TikTok écrivent eux-mêmes dans leurs textes publics.

En bref

  • Le droit d'auteur naît tout seul. YouTube l'écrit : quand quelqu'un crée une œuvre originale comme une vidéo, il en détient généralement automatiquement les droits.
  • Les conditions d'utilisation de YouTube interdisent de reproduire, télécharger ou rediffuser du Contenu, avec trois exceptions seulement : ce que le Service permet explicitement, une autorisation écrite préalable, ou ce que permet la loi applicable.
  • TikTok n'autorise aucun contenu qui porte atteinte au droit d'auteur, et applique une politique de bannissement des récidivistes.
  • Quatre cas te mettent au clair : c'est ta vidéo, tu as une autorisation écrite, la vidéo est sous licence Creative Commons, ou ton usage relève d'une exception légale.
  • Créditer l'auteur, ne pas gagner d'argent, ou trouver la vidéo « en public » ne sont pas des autorisations. Aucun des trois ne te couvre.

Sommaire

Utiliser une vidéo YouTube sans autorisation, ce que disent les conditions

Commençons par la base, parce qu'elle est plus simple qu'on ne le croit. Sur sa page d'aide consacrée aux droits d'auteur, YouTube écrit que « les droits d'auteur, c'est comme le droit de copier », et que « lorsqu'une personne crée une œuvre originale (comme une vidéo YouTube), elle en détient généralement automatiquement les droits d'auteur ». Il n'y a aucune démarche à faire pour être protégé. Le créateur de la vidéo que tu regardes a déjà ses droits, qu'il y ait pensé ou non.

Deuxième point, et c'est celui que les gens sautent : les conditions d'utilisation de YouTube. Elles précisent que tu peux « regarder ou écouter du Contenu pour ton usage personnel et non commercial », et que tu peux « diffuser des vidéos YouTube par le biais du lecteur embarqué YouTube ». Puis vient la restriction, telle qu'elle est écrite :

Vous n'êtes pas autorisé à : accéder à, reproduire, télécharger, distribuer, transmettre, diffuser, afficher, vendre, concéder sous licence, altérer, modifier ou utiliser de toute autre façon tout ou partie du Service ou du Contenu sauf : (a) tel que permis explicitement par le Service ; (b) avec autorisation écrite préalable de YouTube et, le cas échéant, des titulaires de droits ; ou (c) conformément à la législation applicable.

Lis bien la liste des verbes. « Télécharger », « modifier », « diffuser » : c'est exactement ce que tu fais quand tu récupères la vidéo de quelqu'un d'autre, que tu la découpes et que tu publies le clip sur ton compte. Et il n'y a pas de quatrième exception. Il y en a trois, et il faut tomber dans l'une des trois.

Le regarder dans ton salon, oui. Le partager avec le lecteur embarqué, oui. Le republier ailleurs sous ton nom, non, sauf permission.

Ce que TikTok écrit de son côté

Le deuxième texte à connaître concerne la sortie, pas l'entrée. Parce que même si tu récupères le fichier, c'est TikTok qui décide de ce qui reste en ligne sur TikTok.

Sa politique en matière de propriété intellectuelle, publiée le 27 mars 2025 et entrée en vigueur le 26 avril 2025, est claire : « Nous n'autorisons aucun contenu qui porte atteinte au droit d'auteur. L'utilisation de contenu protégé par le droit d'auteur appartenant à des tiers sans autorisation appropriée ou motif légal valable peut entraîner une violation des politiques de TikTok. »

Le même texte reconnaît la nuance, et c'est important de ne pas la caricaturer : toutes les utilisations non autorisées ne constituent pas une contrefaçon, parce que de nombreux pays prévoient des exceptions, dont l'usage loyal aux États-Unis et les actes d'utilisation équitable dans l'Union européenne.

Et il annonce la sanction en cas de répétition. TikTok indique avoir adopté une politique visant les récidivistes, en vertu de laquelle le compte d'un utilisateur qui commet des atteintes répétées au droit d'auteur peut être banni, avec la possibilité d'un bannissement immédiat en cas de violation grave.

C'est le vrai risque, et il est asymétrique. Tu peux passer entre les gouttes vingt fois. La vingt-et-unième te coûte un compte que tu as mis un an à construire.

Les quatre cas où tu es dans ton droit

Passons au concret. Voici les quatre situations où tu peux utiliser une vidéo qui n'est pas la tienne, dans l'ordre où elles se présentent réellement dans la vie d'un créateur.

1. La vidéo est la tienne

Le cas le plus fréquent, et de loin le plus tranquille. Ton propre live, ton propre podcast, ta propre interview, ta vidéo longue publiée sur ta chaîne. Tu es le titulaire des droits, tu découpes ce que tu veux.

Petite précision qui a de l'importance : si tu as filmé avec quelqu'un, ou si un monteur, un caméraman ou un musicien est intervenu, tu n'es pas forcément seul titulaire. Dans un cadre pro, c'est le contrat qui le dit. Dans un cadre amical, un message écrit suffit à éviter la mauvaise surprise.

2. Tu as une autorisation écrite

C'est la voie propre pour tout le reste, et YouTube la cite explicitement parmi les options permettant d'utiliser du contenu protégé de manière sécurisée : obtenir l'autorisation d'utiliser le contenu d'un tiers.

Écrite, pas orale. Un message, un e-mail, un commentaire nominatif. Ce qui compte, c'est de pouvoir le retrouver dans six mois, quand la vidéo marchera et qu'une revendication tombera.

3. La vidéo est publiée sous licence Creative Commons

YouTube propose aux créateurs de publier sous licence Creative Commons, et cite l'utilisation « conformément aux conditions de la licence Creative Commons » parmi ses options sûres. C'est une autorisation donnée d'avance par l'auteur, à ses conditions.

Deux réflexes avant de te lancer. Vérifie la licence sur la vidéo elle-même, pas sur ce qu'un site tiers en dit. Et respecte les conditions de cette licence, notamment l'attribution quand elle est exigée : une licence, ce n'est pas un blanc-seing, c'est un contrat avec des clauses.

4. Ton usage relève d'une exception au droit d'auteur

C'est le cas le plus cité et le plus mal compris. YouTube liste l'usage loyal, l'utilisation équitable et le domaine public parmi les exceptions possibles, et précise qu'aux États-Unis, l'usage loyal permet d'utiliser légalement un contenu protégé sans l'autorisation du titulaire si c'est à des fins spécifiques, en donnant pour exemples le commentaire, la critique, la recherche, l'enseignement ou l'actualité.

Trois avertissements, tous tirés des mêmes pages officielles. Les règles diffèrent d'un pays à l'autre, donc ce qui vaut aux États-Unis ne vaut pas mécaniquement chez toi. Aucune de ces options ne garantit d'éviter un problème, YouTube l'écrit noir sur blanc en parlant d'avertissement pour atteinte aux droits d'auteur et de revendication Content ID. Et en cas de doute, YouTube recommande lui-même de solliciter un conseiller juridique avant de mettre en ligne.

Traduction pratique : une exception, ça se défend, ça ne se décrète pas. Si ton clip est un commentaire critique de dix secondes dans une vidéo que tu as construite, tu es sur un terrain défendable. Si ton clip est l'extrait brut de quelqu'un d'autre avec ton logo dessus, tu n'es pas en train de commenter, tu es en train de republier.

Les trois cas où tu te crois couvert et tu ne l'es pas

Ce sont les trois phrases qu'on entend le plus souvent, et aucune des trois ne tient face aux textes.

5. « J'ai crédité l'auteur »

Le crédit est une politesse, pas une autorisation. Nulle part dans les textes cités plus haut le fait de nommer l'auteur ne figure parmi les options permettant d'utiliser son contenu. Le titulaire des droits « décide qui d'autre peut » utiliser et distribuer son contenu, pour reprendre les mots de YouTube. Tant qu'il n'a pas décidé, mettre son pseudo en légende ne change rien à ta situation.

6. « Je ne gagne pas d'argent avec »

Attirant, mais faux, et les conditions d'utilisation de YouTube le disent presque explicitement. L'usage personnel et non commercial y est associé au fait de regarder ou d'écouter le contenu. Il n'y est jamais associé au fait de le télécharger, de le modifier ou de le rediffuser.

Autrement dit, le caractère non commercial peut peser dans l'appréciation d'une exception légale, mais il ne crée pas d'autorisation à lui seul. Et sur un compte que tu construis pour, un jour, être payé, l'argument de la gratuité devient de toute façon fragile. Si c'est ton objectif, la carte complète des voies de revenu est dans gagner de l'argent avec TikTok.

7. « La vidéo est publique, donc elle est libre »

C'est la confusion la plus coûteuse. Publiquement accessible ne veut pas dire libre de droits. YouTube rappelle qu'une œuvre est protégée dès lors qu'elle est originale et fixée sur un support, et que les idées, les faits et les processus, eux, ne sont pas protégés.

Ce que tu peux reprendre librement, c'est donc l'information : ce que la personne raconte, les faits qu'elle donne, l'idée qu'elle défend. Ce que tu ne peux pas reprendre, c'est sa forme : ses images, sa voix, son montage. C'est une distinction qui ouvre une porte très utile, et on y revient à la fin.

Demander l'autorisation, en pratique

Beaucoup de créateurs ne demandent jamais parce qu'ils imaginent une procédure lourde. Dans les faits, c'est un message court, et le taux de réponse positive surprend, surtout quand la personne comprend ce qu'elle y gagne.

Ce que le message doit contenir, sans plus :

  • Ce que tu veux exactement : quel passage, quelle durée approximative, quelle vidéo.
  • Où ça va être publié : le nom de ton compte et le ou les réseaux.
  • Ce que tu proposes en retour : le crédit visible, le lien vers la vidéo d'origine, la mention de la chaîne dans la légende.
  • Une phrase qui laisse la porte ouverte à un refus, sans négociation.

Puis, dès que la réponse arrive, tu la ranges. Une capture, un dossier par personne, la date. C'est un réflexe de deux minutes qui vaut très cher le jour où un clip décolle et où quelqu'un conteste.

Cas particulier fréquent : l'interview ou le podcast auquel tu as participé. Tu es dans l'image, mais l'enregistrement appartient le plus souvent à celui qui l'a produit. Demande à l'hôte, ce sera presque toujours oui, parce que tes clips font aussi sa promotion.

Ce que viralmaker fait, et ce dont tu restes responsable

Autant être direct, parce que c'est la question que tu te poses en lisant cet article sur ce site.

viralmaker prend un lien YouTube, fait remonter les meilleurs moments de la vidéo, leur donne un score de viralité, et sort des clips verticaux au format 9:16, recadrés sur la personne qui parle, avec des sous-titres incrustés lisibles sans le son. Il n'y a aucun filigrane, sur aucune formule, et l'analyse ainsi que les scores sont gratuits. Tu n'as pas besoin d'avoir ta propre chaîne YouTube pour t'en servir.

Ce que l'outil ne fait pas, et ne prétendra jamais faire : vérifier les droits à ta place. Un logiciel qui découpe une vidéo ne sait pas si tu as l'autorisation de l'utiliser, et aucun outil du marché ne le sait. La responsabilité de ce que tu publies reste la tienne, exactement comme avec un logiciel de montage classique.

D'où la seule règle à retenir de tout cet article : le fait qu'un outil accepte n'importe quel lien ne signifie pas que tu as le droit d'en publier le résultat. Les deux questions sont séparées, et seule la seconde t'expose.

La bonne nouvelle, c'est que la matière première ne manque pas une fois qu'on cherche au bon endroit. Ton propre catalogue d'abord : tes lives, tes podcasts, tes vidéos longues, tes rediffusions. C'est le gisement le plus rentable, parce qu'il est déjà à toi et qu'il dort. La méthode complète pour l'exploiter est dans découper une vidéo YouTube en shorts.

Ensuite, les collaborations. Un invité, un client, un ami créateur : une autorisation écrite, et son contenu devient une source légitime pour tes clips, avec un bénéfice partagé.

Enfin, l'idée plutôt que la forme. Si une vidéo t'a appris quelque chose, ce quelque chose n'est pas protégé. Refais-le avec ta tête, ta voix et ton angle. C'est plus de travail qu'un copier-coller, ça ne risque rien, et c'est la seule version qui construit ton compte au lieu de construire celui d'un autre.

Colle un lien YouTube et lance l'analyse sur une de tes propres vidéos : l'analyse et les scores sont gratuits, tu verras tout de suite quels moments valent un clip. Tu peux aussi créer ton compte viralmaker directement. Les formules et les crédits sont détaillés sur la page tarifs.

Questions fréquentes

Est-ce que je peux utiliser une vidéo YouTube sans autorisation si je mets le nom de la chaîne ? Non. Le crédit n'apparaît nulle part dans les options que YouTube liste pour utiliser du contenu protégé de manière sécurisée. Les options citées sont l'exception au droit d'auteur, l'autorisation obtenue, la licence Creative Commons, et pour la musique la bibliothèque audio YouTube ou Creator Music.

Qu'est-ce que je risque concrètement sur TikTok ? Le contenu qui porte atteinte au droit d'auteur n'est pas autorisé et peut être retiré. TikTok précise appliquer une politique visant les récidivistes, pouvant aller jusqu'au bannissement du compte, et se réserve la possibilité d'un bannissement immédiat en cas de violation grave.

Et les vidéos présentées comme libres de droits sur des sites de partage ? Vérifie toujours la licence à la source, sur la vidéo elle-même. Une mention trouvée sur un site tiers n'engage pas le titulaire des droits, et c'est lui qui décide qui peut utiliser son contenu.

Puis-je clipper une interview où j'apparais moi-même ? Tu es dans l'image, mais tu n'es pas forcément titulaire des droits sur l'enregistrement. Le plus simple est de demander à celui qui a produit la vidéo, par écrit, et de conserver sa réponse.

Un extrait très court passe-t-il automatiquement ? Non, il n'existe pas de durée en dessous de laquelle tout serait permis. La durée peut compter dans l'appréciation d'une exception légale, mais elle ne crée pas d'autorisation. Et YouTube rappelle qu'aucune option ne garantit d'éviter un avertissement ou une revendication Content ID.

Par où commencer

Résumons en une phrase : utiliser une vidéo YouTube sans autorisation n'est acceptable que si c'est la tienne, si tu as une permission écrite, si la licence Creative Commons le prévoit, ou si ton usage relève d'une exception que tu pourrais défendre. Le crédit, la gratuité et le caractère public ne sont pas des autorisations.

Cette semaine, fais trois choses. Liste tes propres contenus longs des douze derniers mois, c'est ton stock légitime et il est probablement plus gros que tu ne crois. Envoie un message d'autorisation aux deux personnes avec qui tu as enregistré quelque chose. Et vérifie où tu en es des conditions à remplir pour être payé, la carte est dans monétiser TikTok, les conditions réelles.

Le reste est une question d'outil, et c'est la partie facile.

Sources publiques citées dans cet article : les conditions d'utilisation de YouTube, la page d'aide droits d'auteur sur YouTube et la politique de propriété intellectuelle de TikTok. Cet article explique ce que ces textes disent, il ne remplace pas un conseil juridique.